Le chien.

Le chien.

leo

" …

Des armes et des mots c’est pareil

Ça tue pareil

II faut tuer l’intelligence des mots anciens

Avec des mots tout relatifs, courbes, comme tu voudras

IL FAUT METTRE EUCLIDE DANS UNE POUBELLE

Mettez-vous le bien dans la courbure

C’est râpé vos trucs et manigances

Vos démocraties où il n’est pas question de monter à l’hôtel avec une fille

Si elle ne vous est pas collée par la jurisprudence

C’est râpé Messieurs de la Romance

Nous, nous sommes pour un langage auquel vous n’entravez que couic

NOUS SOMMES DES CHIENS et les chiens, quand ils sentent la compagnie, Ils se dérangent et on leur fout la paix

Nous voulons la Paix des Chiens

Nous sommes des chiens de " bonne volonté "

Et nous ne sommes pas contre le fait qu’on laisse venir à nous certaines chiennes

Puisqu’elles sont faites pour ça et pour nous

Nous aboyons avec des armes dans la gueule

Des armes blanches et noires comme des mots noirs et blancs

NOIRS COMME LA TERREUR QUE VOUS ASSUMEREZ

BLANCS COMME LA VIRGINITÉ QUE NOUS ASSUMONS

NOUS SOMMES DES CHIENS et les chiens, quand ils sentent la compagnie, IIs se dérangent, ils se décolliérisent

Et posent leur os comme on pose sa cigarette quand on a quelque chose d’urgent à faire

Même et de préférence si l’urgence contient l’idée de vous foutre sur la margoulette

Je n’écris pas comme de Gaulle ou comme Perse

JE CAUSE et je GUEULE comme un chien

JE SUIS UN CHIEN "

Léo Férré

Le chien.

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5 réponses à “Le chien.

  1. Joli choix ! Un de ses plus beaux textes ! 🙂

  2. Hello,

    Aussi beau soit le texte, je crois encore que je préfèrerais être un loup et courir encore.

    Sincèrement.

  3. Il faut quand même rappeler que Léo Ferré adorait les chiens.

    Il voyait en leur fidélité pour leur maître non pas une soumission mais le symbole d’un attachement à sa nature profonde.
    La nature profonde de l’homme étant d’être libre, « Je suis un chien » sonne come la revendication de cette liberté.

    Il y a aussi une forme de lucidité à se comparer à un chien : il ne se revendique pas en superman mais en homme parmi les hommes… avec des « défauts d’homme » comme dans cet autre beau texte qu’est « Richard » (plus intimiste).

  4. Mon commentaire n’était en rien une critique négative envers Léo Ferré, ni envers son texte. Je respecte l’artiste, le poète, l’homme je ne le connaissais pas.
    J’aime les chiens et j’ai beaucoup de mal à comprendre leur attachement à un être destructeur. J’aurais plutôt tendance à m’enfuir, comme le loup fuit l’homme.
    Et je ne crois que la nature profonde de l’homme soit d’être libre.

  5. Un autre texte de Léo Ferré redécouvert par Noir Désir :

    Des armes, des chouettes, des brillantes,
    Des qu’il faut nettoyer souvent pour le plaisir
    Et qu’il faut caresser comme pour le plaisir
    L’autre, celui qui fait rêver les communiantes

    Des armes bleues comme la terre,
    Des qu’il faut se garder au chaud au fond de l’âme,
    Dans les yeux, dans le coeur, dans les bras d’une femme,
    Qu’on garde au fond de soi comme on garde un mystère

    Des armes au secret des jours,
    Sous l’herbe, dans le ciel, et puis dans l’écriture,
    Des qui vous font rêver très tard dans les lectures,
    Et qui mettent la poésie dans les discours.

    Des armes, des armes, des armes,
    Et des poètes de service à la gâchette
    Pour mettre le feu aux dernières cigarettes
    Au bout d’un vers français brillant comme une larme.

    Mais la violence de « LA VIOLENCE ET L’ENNUI »…

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