Archives de Catégorie: Nid d’aigle…

Retour vers les hauteurs…

Ecrit le samedi 16 mai.

Ca devait-être avant hier, jeudi.
J’ai reçu ce coup de téléphone que j’espérais depuis fin novembre : La piste d’accès de mon « nid d’aigle » vient d’être ouverte !…

En plaine ça fait longtemps qu’on a oublié l’hiver, mais là haut, à 1700 mètre d’altitude, on vient juste d’en sortir…
Hier, vendredi, j’ai contrôlé ma vielle 405 histoire de voir si, cette année encore, elle pourrait me monter (traîner) là haut…
Tout paraît ok…
Puis j’ai préparé mon sac.
Un coup d’oeil dans le garde mangé, je vais me la faire « montagnard » ce week end : Côtes de porc, patates, huile, saucisson, pâté local et un petite boite de choucroute des fois que ça vienne à manquer…
Sans oublier le traditionnel « pac’ de bière » !…

Ce matin, je me suis réveillé tôt…
Un bon café, un oeil sur le pc, un énorme bisou à celle qui me supporte depuis bientôt vingt ans et hop ! Aller, zou ! Larguez les amarres !

Au deux tiers du chemin je m’arrête chez ma mère pour prendre les clefs du chalet, c’est elle qui les gardes comme ça elle est sure de me voir de temps en temps.

Dernière ligne droite, enfin si j’ose dire…
Maintenant je fais « sauter la ceinture », pas d’homme en bleu dans les parages. Puis c’est plus prudent, si on quitte la route, la seule chance qu’on ai de s’en sortir c’est d’être éjecté du véhicule…
La piste est assez bonne, il à plu hier mais ça va, pas trop glissant… Vaut mieux…
Vers 1600m, dans les couloirs exposés au nord je vois les restes de coulées de neige qui bloquait la piste il y a une semaine encore…
Maudite neige…

10 heures ! Le chalet est toujours là !…
Un petit tour rapide, tout a l’air d’être en état, l’hiver n’a pas fait de dégât…
Je décharge la voiture, je me prépare un café et je me roule un clop…
Pouaahh !… Le café est imbuvable ! Ah ces cafetières italiennes ne marchent bien que quand on s’en sert… Je m’ouvre donc une petite bière (belge elle) pour accompagner mon mégot…

Aujourd’hui j’ai prévu de remettre en état la porte d’entrée. Les charnières sont d’époques (1885) et assez mal en point. Je vais les remplacer par des paumelles flambant neuves.
La porte étant indégondable, c’est avec une bonne vielle scie à métaux que j’en viens à bout (après un certain temps tout de même).
L’affaire se présente pas trop mal, je « redresse » l’huisserie à coup de « guillaume », « rabot de paume » et autre « varlope » puis remet la porte d’équerre avec un bon coup d’égoïne…

Midi ! A table !…
On dira ce qu’on veut mais une bonne côtelette avec des patates sautées c’est qu’en même pas mauvais…
Cette fois-ci le café est acceptable…

miam

Retour à mes paumelles…
Traçage, entaillage au ciseau à bois, vissage des paumelles à la chignole, je remet la porte, je l’a relève, trois coup de rabot à droite, deux coup à gauche, ré-ajustage de la gâche, etc…
15 heures, la porte fonctionne impeccablement…

Petite cigarette, petite bière et petit tour dehors…
Des cris stridents tout proches me font sursauter ! A cent mètre de moi je vois deux marmottes se ruer vers leur terrier… Dans quelques semaines elle auront pris l’habitude de me voir…

Je fini de vider mon sac. J’en profite pour faire le « paddock », c’est plus pratique quand il fait jour…
Je fend un peu de bois histoire de faire une flambée…

19 heures je sort mon calepin et je commence à écrire tout en allumant le poële. Puis je mange (côtes de porc et patates !)…
Je ferais une « vaisselle globale » demain après midi…

calepin

Dehors, la lumière du soir est magnifique, je me roule une cigarette, je prend mon appareil photo et je vais me balader un moment…
J’aperçois là haut sur la crête un groupe de chevreuil ou de bouquetin, je ne sais pas trop… Je prend une photo sans trop me faire d’illusion… Trop loin…

chalet

21 heures je me remet à écrire mais au lit cette fois-ci.

Demain je vais sans doute me réveiller avec le jour vers 5 / 6 heures. La cafetière est prête, y’a plus qu’a mettre l’allumette…
Il faudra sûrement rallumer le poële… A près je verrais bien, il reste tellement de choses à faire, je trouverais bien…
Vers 16 heures je reprendrais la route vers la « civilisation » en me disant « vivement le week end prochain »…

Il est maintenant plus de 10 heures, je vais me ré-habiller pour aller pisser. Et oui, c’est dehors !…
Je vais me rouler un dernier mégot, je le fumerais en regardant les étoiles…
Je suis bien !…

Les premières neiges…

Il y a une vingtaine d’année (voir plus, je ne me souviens plus très bien) mon père a acheté une « montagnette » en ruine perdu dans le massif de la Vanoise. Une « montagnette » est une petite maison qu’on appelle aussi « alpage » ou « arbé » (en patois local) inaccessible en hiver où les paysans mettaient leur bêtes en « estive ».
Ca fait une quinzaine d’année qu’on bosse dessus, on a refait certains murs, consolidé un peu le tout et couvert tout ça avec un toit tout neuf en 2001 ou 2002…

Cette année j’ai décidé d’y consacrer tous mes week-end depuis mai. Depuis mai car plus tôt la piste qui mène au chalet n’est pas encore dégagée vu que celle-ci traverse de nombreux couloir d’avalanche.

Donc en règle générale je décolle de chez moi (345 m) le samedi matin à 7h00 pour arrivé là-haut (1724 m) vers 8h30 9h00, et le retour vers la « civilisation » se fait le dimanche vers 16h00…

L’automne arrivé, j’ai installé un vieux poële à bois car les nuits commences à êtres fraîches en cette période et à cette altitude là.

Vendredi dernier, la météo prévoyait un temps assez pourri pour le week-end. La météo en montagne m’a toujours fait rigoler, mais sur ce coup là ils avaient raison : La neige était à 1000 m.
Ma vielle 405 qui me sert à faire le parcour ne pouvait pas monter. J’appelle mon cousin Daniel, qui devait me filer un coup de main, pour savoir si son véhicule pouvait monter, « pas de problème (y’a jamais de problème avec Daniel 🙂 ) je t’enmène ». Faut dire que le véhicule en question est une Jeep Willys d’époque, ça, ça passe partout !…

première-neiges

Ca passe partout mais faut s’habiller en conséquence, pas de portes et pas de chauffage, c’est pas du 4×4 de « blaireau ».

L'arrivée

Nous sommes arrivé au chalet vers 11h00. On allume un bon feu (quelle bonne idée j’avais eu d’installer un poële la semaine précédente), on se sert un bon apéro et on se prépare un bon repas…

On attend le soleil pour bosser un peu, ouais, faut qu’en même bosser un peu…

Le chalet

Ces moment là dans endroits comme ça, sans électricité, sans portable, sans eau (pas grave ça 😉 ), sans tout ce « confort » qui fini par nous pourrir l’existence, ces moment là, aussi rudes soient-ils, sont de superbes moments…

Le soleil

Certains essaient de nous expliquer ce qu’est le bonheur avec des mots, les sots, le bonheur ça ne s’explique pas, ça se vit…